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"Je ne suis plus seul. Les maux, les malheureux, les visages torturés et les pauvretés évidentes mêmes ne vont plus pouvoir m’aborder, ou m’aborderont sans me pénétrer. Les infirmes, les malades, les malchanceux n’ont plus accès à moi. Du tout. Ils n’ont plus aucune chance de m’atteindre. Complètement détaché des autres auxquels je n’accorde plus d’importance, je les ai retranchés de moi, cependant que je regarde la lame, la grande lame d’eau brillante, signe même de notre état, qui tranche, qui repousse et rejette derrière nous ce qui, auparavant, était devant ou autour."
Commentaire d’Oriane (encre noire) : ce texte, qui m’a été envoyé par un ami, a-t-il besoin d’un commentaire, d’un contexte peut-être? Cet ami — mais il est resté anonyme bien qu’ayant signé un ami — me semble se détacher de tout à l’approche de cette «grande lame» qui pourrait être la maladie… ou la mort et je ne peux pas m’empêcher de penser que l’expéditeur est Proust lui-même dont la disparition (bien qu’explicable) est toujours aussi inexpliquée.
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